Les milliers de musulmans
de Saint-Denis auront bientôt une mosquée pour
pratiquer « dignement » leur religion. Jusque-là,
il existait huit lieux de prières officiels, dont la
mosquée Bilal, rue Gabriel-Péri, trop petite
pour accueillir les fidèles le vendredi, ou les espaces
aménagés dans les foyers d'immigrés.
Sans compter la pratique, officieuse, dans les caves des cités
HLM. « Il y a une prolifération des salles de
prières avec des conditions pitoyables », explique
Bally Bagayoko, adjoint au maire chargé de la communication.
Depuis des années, l'association Amal, qui gère
la mosquée Bilal, « petit local inadapté
», cherche à bâtir un véritable
édifice. Le plus dur est fait un terrain vague de 3 800m²
appartenant à la ville a été trouvé
et les élus viennent de donner leur aval pour le céder
moyennant 660 000 €. |
Le bâtiment prendra
ses quartiers au nord de la cité des Rois, rue Henri-Barbusse,
en face de la cité Allende. « On a senti qu'il
y avait de la part de la mairie une volonté d'accompagnement,
notamment pour nous faciliter les démarches administratives
», se félicite Ahmed Jamaleddine, trésorier
adjoint de l'association Amal. Le permis de construire devrait
être déposé au cours de ce premier semestre.
« A la mi-2004, on peut envisager les premiers coups
de pioche et fin 2005-début 2006, une ouverture des
lieux », pronostique Ahmed.
Le cabinet d'architectes parisien Levenok planche depuis
des mois sur le sujet :
« Je ne suis pas là pour faire quelque chose
d'orientaliste, mais de design. Le projet est résolument
moderne, proche architecturalement parlant de l'Institut du
monde arabe à Paris. Il y aura un minaret purement
symbolique en verre », décrit Michel Levenok.
Le nouveau centre cultuel et culturel, composé d'une
salle de prières, d'un étage pour les femmes
pratiquantes, mais aussi d'une bibliothèque, d'un espace
de conférences et sans doute d'un salon de thé,
verra le jour grâce, exclusivement, à l'argent
des fidèles. En aucun cas, la municipalité n'interviendra
dans le financement, de l'édifice religieux «
De toute façon, on n'a rien demandé. En France,
il y a séparation de l'Eglise et de l'Etat. Nous allons
présenter notre projet dans les mosquées de
France afin de récolter des dons », précise
Ahmed. Sur le site
Internet de l'association consacré à la
future mosquée, un appel aux dons a déjà
été lancé. Sur la page d'accueil, on
peut lire : « Le prophète Mohammed a dit :
Celui qui construit une mosquée, Dieu lui bâtira
une demeure au paradis. »
VINCENT MONGAILLARD
Le
Parisien du 19 janvier 2004 |